Le Bermuda « issue » : Bermuda ou pantalon faut-il choisir ?

Nous aurions pu croire que pantalon et bermuda feraient bon ménage en 2013. Il n’en est rien, ou presque. The Stamina refait l’ourlet de son pantalon et mène  l’enquête  sur la place qu’occupe le bermuda  aujourd’hui. Le sujet peut paraitre anecdotique ou  prêter  à sourire, mais au delà de cette  légèreté  on parle d’une industrie qui pèse plusieurs millions de dollars.

 Le débat fut très animé au sein de la rédaction : lorsque l’économie bat de l’aile, les pantalons raccourcissent et deviennent des bermudas, disent les uns (cf. cahier spécial hommes,  Courrier international  du 2 au 8 octobre 2008). Pas si sûr. Les pantalons n’ont pas attendu la crise pour se porter courts. Peut-être, ont-ils attendu les hipsters et les fixies ?  Pas sûr, non plus.

La parole est à l’histoire : au début du 19e siècle, les militaires britanniques de la Navy, stationnés aux Bermudes – d’où  l’appellation  Bermuda -, obtiennent le droit d’amputer leur pantalon. Sacrilège ? En 1961, la maison  Hardy Amies  récidive et lance le premier costume-short.

Chronique d’une mort annoncée ? C’est le Bermuda Issue!

les pros bermuda

Les pros pantalons

Nous aurions pu croire l’homme moderne incapable d’ourler son pantalon au-dessus de la cheville pour se rendre au bureau… L’histoire et le climat auraient pu laisser penser que le bermuda remplacerait un jour le pantalon : Sir Hardy Amies (styliste officiel de la reine Elizabeth II, ndlr.), lors d’un séjour en Australie, en 1950, étouffé par la chaleur ressent le besoin d’adapter le chic londonien. Quelques coups de ciseaux et le pantalon devient court. En 1961, la Maison Hardy lançait le premier costume-short. La ligne ne séduit pas.

Bien avant, au début du 19e siècle, les troupes britanniques de la Navy stationnées sur l’archipel des Bermudes, éprouvèrent le besoin d’avoir des uniformes adaptés au climat. Toujours les Anglais. Ils obtiennent de raccourcir les pantalons. Mais rigueur militaire oblige, le short doit se porter avec des chaussettes montantes, une cravate de régiment et un blazer. Le bermuda ne saurait se porter sans accessoire. A demi-mot, l’armée indiquait qu’il n’avait rien de strict, ni d’élégant. Pis, en dehors des miliaires, des sportifs et des enfants, le short peinait toujours à se faire une place dans la garde-robe. Le short est méprisé. Un vêtement pas encore terminé ?  Ne parle-t-on pas de culotte courte pour désigner les habits des enfants ? Adulte, on porte un pantalon. Le mot est lâché.

Le bermuda n’avait pourtant pas dit son dernier mot. En 2007, les tailleurs de  Savile Row  (rue de Londres où abondent les boutiques de créateurs, ndlr.), tentent de le remette au goût du jour. Toujours et encore les Anglais. Nombre de stylistes, à l’instar de  Balenciaga,  Miu Miu  ou encore  Thom Browne  proposeront plusieurs déclinaisons du costume-short. Un espoir pour le bermuda ? C’était mal connaître le pantalon. Les hommes ne l’ont jamais autant aimé qu’aujourd’hui. En 2013, le pantalon se porte désormais légèrement retroussé au-dessus de la cheville, donnant un  parfum d’été à sa toilette. L’homme moderne laisse voir la finition impeccable de ses chaussures et de ses chaussettes assorties à son mouchoir de poche. Cette association fonctionne très bien avec une chemise et une veste portées près du corps. Il va sans dire que le pantalon doit lui aussi être ajusté. Il doit comme l’a si bien dit Alex Fletcher (personnage incarné par Hugh Grant dans le  Come Back), « faire remonter tout le sang vers le cœur ».

Les marques de pantalon abondent aujourd’hui. A chaque style, sa griffe : vous pourrez opter pour un Jitrois, un Kenzo, un Dolce & Gabbana, un Diesel ou encore un Billtornade (le outlet du 48 rue Mazarine dans le 6e arrondissement de Paris, fera votre bonheur).  Que les partisans du bermuda se rassurent, ces marques proposent aussi des shorts.
Le port du pantalon ou du short est, à dire vrai, une question de goût ou d’envie. La véritable élégance est peut-être de ne pas se laisser influencer par les nouvelles tendances et de toujours avoir une longueur (de pantalon ?) d’avance sur son époque. Quoi qu’il en soit, à l’approche de l’été, le débat reste ouvert. Bermuda ou pantalon ?

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